[{"bbox": [86, 153, 374, 186], "category": "Section-header", "text": "2 JUSTIFICATION"}, {"bbox": [86, 220, 245, 247], "category": "Section-header", "text": "2.1 Contexte"}, {"bbox": [85, 278, 1145, 518], "category": "Text", "text": "Après deux décennies d'instabilité politique de 1985 à 2002, marquées par trois périodes de guerre civile (1993-1994, 1997 et 1998-1999), et des troubles récurrents par la suite, la signature en décembre 2017 d'un accord de cessez-le-feu et la cessation des hostilités, le pays bénéficie d'une relative période de stabilité politique et sociale. Néanmoins, les déficits structurels d'une économie basée sur l'exploitation des énergies fossiles associée à un niveau de pauvreté de 46,5 % rendent cette stabilité fragile. Par ailleurs, les violentes confrontations entre les Forces arméeset des groupes armés ont généré une crise humanitaire en 2017 (158 000 personnes impactées) dont les conséquences économiques et sociales se font toujours sentir. Politiquement, le pays est caractérisé par un système présidentiel très centralisé, une opposition divisée et une société civile peu développée. Le président Sassou Nguesso (à la tête du pays depuis plus de 35 ans) a été réélu le 23 mars 2021 avec plus de 88,6 % des votes."}, {"bbox": [85, 529, 1145, 689], "category": "Text", "text": "La République du Congo est confrontée à des impacts socio-économiques particulièrement sévères causés par la pandémie de COVID-19. Les groupes dans des situations défavorisées et vulnérables sont particulièrement touchés par l'impact de la pandémie. À titre d'exemple, 68,7 % des ménages congolais ont déclaré que la crise a fortement affecté leur capacité à répondre aux besoins alimentaires. Le chômage des jeunes était déjà très élevé (26 %) avant la crise et les premières analyses d'impact de la pandémie COVID-19 indiquent que le chômage et la pauvreté ont considérablement augmenté."}, {"bbox": [85, 701, 1145, 1126], "category": "Text", "text": "Malgré l'adoption de plusieurs textes consacrant l'égalité juridique de l'homme et de la femme et la ratification de la plupart des instruments internationaux ayant le même objet, la situation de la femme au Congo est caractérisée par des discriminations notoires au plan légal (droit fiscal, droit pénal, code de la famille, droits sociaux et économiques), auxquelles s'ajoutent des inégalités de fait (lévirat, rites de veuvage, successions, violences sexospecifiques). L'indice de développement du genre (IDG) est de 0,922³ en 2015 et l'indice d'inégalité de genre est de 0,593 (PNUD) plaçant le Congo au 137e rang sur 188 pays. Bien que le Code pénal sanctionne plusieurs formes de violences à l'encontre des femmes, y compris les violences sexuelles commises lors des conflits armés, les violences demeurent répandues. 1381 cas de victimes de violences basées sur le genre ont été enregistrés entre 2012 et 2014 dans 6 départements du Congo dont 82 % sont des violences sexuelles. Ces chiffres ne sont pas exhaustifs car peu de victimes, ou leurs familles, osent se rendre dans un centre de santé ou au commissariat. L'âge médian des victimes de violences basées sur le genre (VBG) à Brazzaville est de 14 ans. De tels crimes sont très peu dénoncés, et encore moins poursuivis. Les femmes congolaises, et également les adolescentes et les minorités (populations autochtones), souffrent tout particulièrement des difficultés d'accès à la justice et n'arrivent pas à faire valoir leurs droits, notamment en raison du manque d'information sur leurs droits et les lois qui les protègent, du coût des procédures et de l'éloignement des cours et des tribunaux, d'où le recours fréquent à la justice coutumière ou au règlement à l'amiable qui sont rarement en leur faveur."}, {"bbox": [85, 1137, 1145, 1351], "category": "Text", "text": "Sur le plan sécuritaire, un phénomène criminel dit des « bébés noirs » a fait son apparition à Brazzaville en 2005 en prenant de l'ampleur au fil des années et s'est répandu dans d'autres villes comme Pointe-Noire. Il est constitué de bandes (dénommées « écuries ») formées par des adolescents oisifs, parfois originaires des pays en crise de la sous-région (République démocratique du Congo, République centrafricaine, Tchad...) et dont la motivation profonde est de faire du mal à autrui, à travers des actes de barbarie et de cruauté. Ils installent ainsi un climat d'angoisse et d'insécurité permanente auprès des populations. Les principales causes de ce phénomène sont analysées par les autorités locales comme étant d'ordre économique et social: la précarité des conditions sociales des parents, leur irresponsabilité, la pauvreté, le chômage, le niveau scolaire bas, l'influence des médias, etc."}, {"bbox": [85, 1362, 1145, 1443], "category": "Text", "text": "C'est dans ce contexte qu'en juillet 2018, à la suite d'une interpellation massive de jeunes susceptibles d'appartenir à des gangs dits de \"bébés noirs\", 25 d'entre eux furent arrêtés et entassés dans une cellule ne dépassant pas 8m² et sans aération ; 13 ont été retrouvés morts par asphyxie."}, {"bbox": [85, 1454, 1145, 1535], "category": "Text", "text": "La Police nationale de la République du Congo travaille avec un parc immobilier vétuste et inadapté. Les pré requis minimaux pour garantir le respect des personnes détenues ne sont pas réunis. Les locaux de police ont des espaces cellulaires qui ne présentent aucun système d'aération adapté et les personnes sont détenues sans aucune condition"}, {"bbox": [85, 1570, 1145, 1621], "category": "Footnote", "text": "³ L'IDG est une valeur comprise en 0 et 1 - plus sa valeur est élevée, plus le pays est inégalitaire entre hommes et femmes.\nhttps://pcpacongo.files.wordpress.com/2016/04/rndh-basse-rc3a9solution2015.pdf -"}, {"bbox": [1038, 1681, 1145, 1706], "category": "Page-footer", "text": "Page 4 of 24"}]