[{"bbox": [96, 153, 1135, 256], "category": "Text", "text": "population a moins de 25 ans. Cette **part très importante d'une population jeune** s'explique en particulier par un niveau de natalité qui reste élevé, avec un indice de fécondité qui se maintient autour de 5 enfants par femme et un taux de croissance annuelle de la population proche de 3,5 %, avec un doublement de la population prévu à l'horizon 2050."}, {"bbox": [96, 285, 1135, 680], "category": "Text", "text": "Bien que la jeunesse de la population puisse constituer une opportunité dans la mesure où elle accroit la taille de la population en âge de travailler et réduit par conséquent le taux de dépendance (nombre de personnes à charge par adulte en âge de travailler), en l'absence d'un nombre suffisant d'**emplois** créés et d'investissements sociaux conséquents, elle génère une forte pression sur le marché du travail et les services sociaux. Ainsi, il est estimé que près de 270 000 jeunes entrent annuellement sur le marché du travail (375 000 projetés en 2025), contre seulement 30 000 emplois formels créés chaque année². Des projections indiquent que l'Afrique sera au cours des prochaines années le continent avec le plus grand nombre de nouveaux intrants sur le marché du travail, le continent où la population active croit de la manière la plus rapide, mais aussi celui où la population active est la plus jeune³. Le marché du travail au Sénégal, comme ailleurs dans la région, souffre d'un manque structurel d'emplois, qui plus est d'emplois formels et décents, avec une population active occupée estimée à 3,5 millions de personnes (secteurs formel et informel confondus), contre une population en âge de travailler estimée à plus de 8 millions de personnes⁴. Le taux d'activité n'est que de 35 % parmi les 15-34 ans, auquel il faut déduire la population au chômage (active inoccupée), avoisinant les 20 %, entrainant un taux d'emploi (part de la population 15-34 ans ayant effectivement un emploi) en deçà des 30 %. Moins d'un jeune sur trois travaille, pour la grande majorité dans le secteur informel."}, {"bbox": [96, 709, 969, 733], "category": "Text", "text": "Cette situation révèle à la fois des faiblesses du côté de la demande comme de l'offre de travail."}, {"bbox": [96, 762, 1135, 1293], "category": "Text", "text": "Du côté de l'**offre de travail** (ou demande d'emploi), les jeunes, et plus largement la population dans son ensemble, souffrent d'un déficit de compétences et de qualifications de base. Ainsi, selon l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), il est estimé qu'une majorité de la population au Sénégal est analphabète, soit 54 % (desquels 62 % sont des femmes), cette part allant jusqu'à 74 % en milieu rural (dont 57 % de femmes). Parmi les 15-24 ans, la part de la population analphabète serait de 30,5 %, dont 60 % des femmes (2017, Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture - UNESCO). Ce déficit de compétences de base semble se maintenir avec, selon les différentes estimations, de 37 à 42 %⁵ (2016/2017) des plus de 4 millions d'enfants en âge d'être scolarisés (de 6 à 16 ans) qui se trouvent hors du système scolaire (essentiellement dans des Daaras⁶), soit de l'ordre de 1,48 à 1,68 millions d'enfants et d'adolescents, qui manqueront des compétences de base pour toute intégration socio-économique. C'est ainsi le tiers d'une génération qui se trouvera dans une situation de grande vulnérabilité. De plus, il est estimé que près de 40 % des enfants ne finalisent pas l'école primaire et parmi ceux qui la finalisent, 74 % seulement ont un niveau jugé suffisant en lecture et 65 % en mathématiques⁷. Au-delà, seul 28 % de la population de la tranche d'âge correspondante accède à l'enseignement secondaire supérieur (22,5 % pour les filles) et 9,6 % accède aux études supérieures (5,7 % pour les filles). De manière générale, sur la tranche d'âge de 17 à 24 ans, près de 2/3 des jeunes sont hors du système éducatif (quel que soit le niveau), cette part atteignant jusqu'à 76 % des jeunes en milieu rural (contre 54 % en milieu urbain)⁵. L'accès aux études supérieures ou à une formation qualifiante, bien qu'elle soit source d'émancipation, ne garantit pas un accès plus aisé à l'emploi, le taux de chômage ayant même tendance à croître à mesure qu'augmente le niveau d'étude, de 12 % pour les personnes sans diplôme à près de 23 % pour les personnes détenteurs d'un diplôme supérieur à Bac +2⁸."}, {"bbox": [85, 1380, 1144, 1428], "category": "Footnote", "text": "² \"Youth in their own words : obstacles and opportunities to livelihood\", MasterCard Foundation and Social Change Factory (SCF), décembre 2019"}, {"bbox": [85, 1428, 1144, 1477], "category": "Footnote", "text": "³ \"Youth employment in sub-Saharan Africa : progress and prospects\", Louise Fox et Dhruv Gandhi, Africa Growth Initiative working paper, Brookings Institution, mars 2021"}, {"bbox": [85, 1477, 1055, 1501], "category": "Footnote", "text": "⁴ \"Senegal Jobs, Economic Transformation and Recovery Program\", Technical Assessment, Banque mondiale, 2021"}, {"bbox": [85, 1501, 923, 1524], "category": "Footnote", "text": "⁵ « Etude nationale sur les enfants et les jeunes hors du système éducatif au Sénégal », USAID, 2017"}, {"bbox": [85, 1524, 1144, 1573], "category": "Footnote", "text": "⁶ Etablissements d'enseignement islamique non régulés et hétérogènes, dont l'enseignement peut varier, d'exclusivement axé sur l'éducation religieuse à pouvant contenir un enseignement sur la lecture, l'écriture et les mathématiques."}, {"bbox": [85, 1573, 1144, 1622], "category": "Footnote", "text": "⁷ Evaluation Sénégal du Programme d'analyse des systèmes éducatifs (PASEC) de la Conférence des ministres de l'Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (COMFEMEN), 2019"}, {"bbox": [85, 1622, 824, 1646], "category": "Footnote", "text": "⁸ Enquête nationale sur l'emploi au Sénégal, ANSD et Banque mondiale, décembre 2016"}, {"bbox": [1037, 1681, 1144, 1705], "category": "Page-footer", "text": "Page 5 of 39"}]