[{"bbox": [83, 104, 1146, 291], "category": "Text", "text": "La prévalence de la malnutrition chronique² est très élevée au Tchad (32 %), d'où une situation nutritionnelle critique. Un tiers des enfants de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance, qui est une conséquence de la malnutrition chronique sur une période prolongée, dont 12,4 % de la forme sévère. Environ 64 % des enfants de moins de 5 ans souffrent d'anémie. Des vingt-trois provinces du Tchad, douze présentent des prévalences de retard de croissance critiques (Kanem, Mayo-Kebbi Ouest, Mayo-Kebbi Est, Logone Oriental, Logone Occidental, Ouaddaï, Tandjilé, Chari Baguirmi, Hadjer Lamis, Lac, Salamat, Sila). Huit provinces enregistrent des prévalences alarmantes comprises entre 20% et 29.9% (Barh-El-Gazal, Guéra, Moyen Chari, Batha, Borkou, Ennedi Est, Mandoul et Wadi Fira)."}, {"bbox": [83, 316, 1146, 527], "category": "Text", "text": "Au niveau de la malnutrition aigüe globale (MAG)³, la dernière enquête nationale de nutrition selon la méthodologie Standardised Monitoring and Assessment of Relief and Transitions (SMART) révèle, au plan national, une prévalence de 10 %, soit au seuil d'alerte de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur les vingt-trois provinces du Tchad, dix-huit sont en situation préoccupante (Kanem, Barh-El-Gazal, Mayo-Kebbi Est, Logone Occidental, Guéra, Ouaddaï, Chari Baguirmi, Lac, Wadi Fira, N'Djamena, Hadjer Lamis, Sila, Batha, Tibesti, Salamat, Ennedi Ouest, Ennedi Est, Borkou). Les provinces du Barh-El-Gazal et du Kanem présentent une prévalence de la MAG de 15,5 % et de 18 % respectivement, soit bien au-dessus de la moyenne nationale et du seuil d'alerte (10 %) et d'urgence (15 %) de l'OMS."}, {"bbox": [86, 549, 383, 580], "category": "Section-header", "text": "## 2.2. Analyse des problèmes"}, {"bbox": [83, 593, 1146, 832], "category": "Text", "text": "**Le Tchad est confronté à des crises alimentaires/nutritionnelles de plus en plus récurrentes et longues sur une partie de son territoire.** Elles sont causées par des facteurs structurels et interdépendants : pauvreté, démographie, dégradation des ressources naturelles, changement climatique et conflits. Ces crises consument progressivement la résilience de la société, en réduisant la capacité des systèmes alimentaires à fournir des services socio-économiques et environnementaux de base à la population. Elles sont liées à l'augmentation au cours des dernières années, du nombre de personnes en sous-nutrition, qui est la forme la plus extrême de pauvreté. La dégradation dans un rythme soutenu des terres cultivables a un fort impact sur le rendement agricole et la nutrition. Cependant, le progrès réalisé par la Grande Muraille Verte au Tchad, montre que des solutions basées sur la nature et la restauration des écosystèmes peuvent être efficaces à long terme et permettre un développement durable."}, {"bbox": [83, 857, 1146, 991], "category": "Text", "text": "A l'heure actuelle, 5,5 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire (soit 30 % de la population). Ces chiffres semblent être en augmentation, ce qui pourrait mettre à mal les efforts de stabilité et de développement du pays, à moins d'améliorer la résilience de la population. La situation ne peut pas être résolue uniquement par des interventions humanitaires, qui n'ont pas la vocation de s'attaquer aux causes profondes des crises, et demande une approche intégrée entre les actions humanitaires et de développement."}, {"bbox": [83, 1016, 1146, 1150], "category": "Text", "text": "**Les populations les plus exposées aux crises sont les ménages ruraux et péri-urbains** des zones où la production agricole et pastorale est incertaine, l'accès à l'eau est insuffisant, la couverture de services sociaux de base est faible, les sources de revenus sont limitées et exposés aux conflits locaux pour l'accès aux ressources. Les femmes et les enfants ainsi que les populations affectées par le déplacement forcé (déplacés internes, réfugiés, hôtes) sont les groupes les plus affectés par les crises alimentaires parmi ces populations."}, {"bbox": [83, 1175, 1146, 1335], "category": "Text", "text": "La précarité des moyens d'existence des ménages ruraux rend par conséquent les activités agro-sylvo-pastorales risquées pour les jeunes et provoque des phénomènes d'exode rural et/ou de migration vers l'étranger. Ceci entraîne un appauvrissement problématique des ressources humaines nécessaires à la transformation économique dans les zones rurales. Cette transformation est pourtant nécessaire pour répondre à la demande grandissante des villes en denrées alimentaires, d'ici 2030. Un autre effet du déplacement de populations rurales est l'augmentation du chômage dans les zones de destination, et de manière générale, l'instabilité sociale."}, {"bbox": [83, 1361, 1146, 1441], "category": "Text", "text": "**Un certain nombre de zones rurales au Tchad rencontrent des obstacles importants** qui limitent fortement leur potentiel de croissance agricole, en particulier l'accès aux services techniques et financiers par les producteurs. Ces obstacles limitent particulièrement l'implication des femmes, des jeunes et des populations déplacées dans les"}, {"bbox": [72, 1489, 1158, 1623], "category": "Footnote", "text": "² La malnutrition chronique se développe lentement, en lien avec une situation de pauvreté structurelle, notamment quand l'alimentation n'est pas équilibrée en micronutriments (exemple : ne manger que des céréales, sans autres aliments, peut provoquer un état de malnutrition chronique). Si un enfant est atteint de malnutrition chronique pendant une période prolongée, il souffrira rapidement d'un retard de croissance. Ses défenses immunitaires seront très affaiblies, et de ce fait, il est davantage confronté aux risques de maladies (diarrhées, paludisme, etc.). La malnutrition chronique est un indicateur d'une situation critique en termes d'accès aux services de base et socio-économiques par une population."}, {"bbox": [72, 1623, 1158, 1690], "category": "Footnote", "text": "³ La malnutrition aiguë se développe rapidement, en lien avec une situation ponctuelle de manque ou de manques répétés (période de soudure, épidémie sévère, changement soudain ou répété dans le régime alimentaire, conflit). Il existe deux types de malnutrition aiguë : aiguë modérée et aiguë sévère. Les deux se caractérisent par une perte de poids."}, {"bbox": [1051, 1690, 1158, 1714], "category": "Page-footer", "text": "Page 6 of 28"}]