[{"bbox": [129, 76, 1100, 129], "category": "Page-header", "text": "Septentrion, notamment les personnes vivant dans les situations plus vulnérables (femmes, jeunes, bergers autochtones, déplacés) plus résilientes face aux crises climatiques, sécuritaires et alimentaires."}, {"bbox": [129, 159, 480, 193], "category": "Section-header", "text": "# 2. JUSTIFICATION"}, {"bbox": [129, 232, 325, 260], "category": "Section-header", "text": "## 2.1. Contexte"}, {"bbox": [129, 269, 1101, 664], "category": "Text", "text": "Le Cameroun, pays à revenu moyen inférieur, a une économie diversifiée et relativement résiliente (avec une récession limitée à -1,5 % en 2020 et une reprise modeste de la croissance attendue à 3,2 % en 2021, sachant que la croissance démographique est estimée à 2,6 %) mais un développement social faible: les index de développement humain, d'espérance de vie en bonne santé, d'accès aux sanitaires, d'alphabétisation, de violences faites aux femmes et de travail des enfants (2e pire d'Afrique) sont moins bons que ceux d'autres pays à revenu par habitant comparables. Le Cameroun connaît également une insécurité intérieure (de l'intégrité physique, des moyens de subsistance et de la dignité des personnes) croissante avec des conflits séparatistes armés dans ses régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, des menaces terroristes persistantes de Boko Haram dans sa région de l'Extrême-Nord, et la présence de près d'un million de personnes déplacées à l'intérieur du pays et d'environ 400 000 réfugiés de la République centrafricaine et du Nigeria. Enfin, le Cameroun se situe dans le quartile inférieur des indices de gouvernance, de démocratie ou de perception de corruption. L'inégalité politique et socio-économique se traduit également dans une inégalité territoriale avec une partie disproportionnelle des investissements de l'État concentrés dans le centre et le sud du pays au détriment des régions périphériques, situation qui nourrit les frustrations et les conflits."}, {"bbox": [129, 681, 1101, 867], "category": "Text", "text": "Le gouvernement a produit un grand nombre de stratégies globales et sectorielles de développement (Vision 2035 / SND 2030 / SDSR-PNIA 2020-2030 / Lois de Décentralisation / SNADDT / SRADDT / SIF-GDT / PNACC / PNIAIC, etc.) qui manquent cependant de réalisme dans la mobilisation des moyens et de l'appropriation. L'UE a structuré son aide au Cameroun pour la période 2021-2027 (PIP) autour de 3 piliers : (i) gouvernance-démocratisation-paix-stabilisation, (ii) croissance inclusive-emplois durables-secteur privé et (iii) pacte vert : développement durable-climat, alignés sur les priorités de la stratégie nationale la plus récente, la SND 2030."}, {"bbox": [129, 882, 1101, 989], "category": "Text", "text": "Il y a de fortes inégalités territoriales de niveau de développement à l'échelle du pays : les régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord ont les plus faibles indicateurs de développement humain du pays. Ainsi, dans la région Nord, le taux de pauvreté est de près de 68 % contre 37 %, et l'analphabétisme approximativement de 68 % contre 30 % chez les 15 ans et plus, en moyenne nationale."}, {"bbox": [129, 1013, 1101, 1196], "category": "Text", "text": "De plus, le taux de pauvreté s'élève à 51,5 % pour les femmes. 79,2 % d'entre elles sont en situation de sous-emploi. Seulement 3 % des femmes sont propriétaires d'une maison sans titre foncier et 1,6% sont propriétaires d'un titre foncier à leur nom. Les femmes représentent 71,6 % des travailleurs du secteur informel agricole. 32,5 % des femmes de plus de 25 ans ont atteint un certain niveau d'éducation secondaire (39,2 % pour les hommes). Les garçons ont un accès privilégié à l'éducation. Leur taux de scolarisation brut est de 125 % au primaire (110 % pour les filles). Ils sont 65 % à être inscrits au secondaire (53 % pour les filles)¹."}, {"bbox": [129, 1223, 1101, 1460], "category": "Text", "text": "Ces régions ont été négligées depuis des décennies par le Gouvernement en termes d'infrastructures sociales : le ratio élèves/maîtres y est de 120 contre 80 en moyenne nationale, le ratio habitants/personnels de santé de 1 800 contre 580, l'accès à l'assainissement de 32 % contre 52 % et la distance moyenne à un poste de police de 12 Km contre 6,5 Km en moyenne dans le pays. Elles sont parmi les moins urbanisées du pays, et elles sont moins bien dotées en infrastructures routières (par exemple, il faut 5 heures pour parcourir en voiture les 250 km, pourtant bitumés, entre Garoua et N'Gaoundéré). Ce sous-développement touche particulièrement les femmes et les jeunes (le taux de jeunes sans instruction est supérieur à 35 % dans le Nord contre 14 % en moyenne nationale, et plus encore en zone rurale, et plus encore chez les jeunes femmes du Nord)."}, {"bbox": [129, 1477, 1101, 1557], "category": "Text", "text": "A ce sous-investissement étatique spécifique au Septentrion Camerounais, s'ajoutent des tensions. Les facteurs d'instabilité sont multiples et complexes dans leur interaction et seule une approche holistique, à travers une stratégie territoriale « paysage » peut tenter d'apporter des solutions durables."}, {"bbox": [129, 1572, 1101, 1626], "category": "Text", "text": "Au niveau structurel, les régions du Septentrion subissent les conséquences des deux grandes perturbations anthropiques de la nature constatées à quasi toutes les échelles, à savoir le changement climatique (selon le"}, {"bbox": [129, 1656, 734, 1679], "category": "Footnote", "text": "¹ Source: https://reliefweb.int/report/cameroon/donn-es-sur-l-galit-des-sexes-au-cameroun"}, {"bbox": [545, 1704, 651, 1728], "category": "Page-footer", "text": "Page 5 of 40"}]