[{"bbox": [83, 105, 1147, 239], "category": "Text", "text": "La Mauritanie a connu une période de croissance économique d'environ 4 % par an entre 2010 et 2019, essentiellement induite par une conjoncture internationale favorable. En raison de la pandémie de COVID-19, l'économie du pays s'est fortement contractée compte tenu de sa sensibilité aux chocs externes et de son manque de diversification (grande dépendance pour l'export envers l'industrie extractive, l'élevage et les ressources halieutiques, et pour l'import envers des prix de certaines denrées alimentaires de base)."}, {"bbox": [83, 250, 1147, 673], "category": "Text", "text": "Sur le plan macroéconomique, la Mauritanie est confrontée à des besoins importants de financement et à une dette publique essentiellement extérieure élevée (69 % du produit intérieur brut en 2020). Le pays a bénéficié de l'initiative de suspension du service de la dette « Debt Service Suspension Initiative / DSSI+ » et des négociations sont en cours avec certains créanciers (par exemple avec le Koweït). Une nouvelle Facilité élargie de crédit avec le Fonds monétaire international (FMI) est en discussion pour les 3 années à venir pour succéder au programme qui se termine en 2021. Le FMI a aussi mis en place une assistance technique en appui à la future gestion des revenus gaziers. Les perspectives économiques à moyen terme basées sur les secteurs industriels de l'énergie (gaz offshore, éolien et solaire), les exploitations minières (notamment fer, or et cuivre) et les ressources halieutiques, sont relativement optimistes. La Mauritanie pourrait vraisemblablement devenir un important producteur de gaz naturel, avec un impact potentiel important sur l'économie. Le pays partenaire ne néglige cependant pas ses engagements par rapport aux émissions de gaz à effets de serre et notamment l'ambition d'augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à 50 % en 2030, objectif qui sera appuyé par l'UE. Les prévisions, avant la pandémie COVID 19, indiquaient 2023 comme date de démarrage des exploitations. Le gouvernement devra cependant faire des avancées et des réformes importantes en matière de gouvernance pour assurer une croissance socioéconomique inclusive qui bénéficie à l'ensemble de la population, ainsi qu'à la transparence des revenus estimés à ce jour de l'ordre de 1 à 2 % du produit intérieur brut."}, {"bbox": [83, 687, 1147, 1033], "category": "Text", "text": "Le pays est confronté à des problèmes structurels au niveau de la qualité du capital humain, de l'administration publique, de la corruption et du cadre légal et fiscal. Au niveau de l'indice de capital humain de la Banque mondiale, la Mauritanie figurait à la 150e place sur 157 pays en 2018 et à la 157e sur 173 en 2020. Les infrastructures de base font défaut. La Mauritanie figure dans le bas du classement de « Transparency International » sur la perception de la corruption (134e sur 180 en 2020, en léger recul depuis 2012), notamment dans l'attribution des marchés publics par l'administration. Le secteur agricole emploie 30 % de la population active, mais les terres-sols cultivables représentent moins de 1 % de la superficie du pays et l'agriculture est aujourd'hui confrontée aux effets croissants du changement climatique dont l'impact menace directement la pérennité des activités économiques et l'emploi des populations concernées. Le besoin d'adaptation au changement climatique est souligné dans la contribution déterminée au niveau national de la Mauritanie, surtout pour les secteurs de l'agriculture, de la biodiversité, de l'infrastructure, de la santé et de l'eau. Souffrant de sécheresse et de la dégradation des terres, la Mauritanie fait partie des pays couverts par l'initiative de la Grande Muraille Verte (avec le Président mauritanien agissant en tant que président de l'Agence panafricaine) qui bénéficieront d'un appui pour restaurer des sols, séquestrer du carbone et créer des emplois verts."}, {"bbox": [83, 1044, 1147, 1416], "category": "Text", "text": "Sur le plan sociétal, des dissensions communautaires persistent entre groupes sociaux et ethniques du pays. Les différences socio-économiques sont marquées, ainsi que les discriminations de genre. Malgré les progrès réalisés au cours de la dernière décennie, l'environnement juridique en Mauritanie reste discriminatoire à l'égard des femmes. En 2020, le pays se classait au 177e rang mondial pour dans l'Indice sur les femmes, l'entreprise et le droit de la Banque Mondiale. Cette discrimination juridique se retrouve dans des domaines aussi divers que l'inaccessibilité à certains emplois, l'incapacité juridique à être chef de famille, le manque de protection contre l'inégalité d'accès à un prêt bancaire ou à un emploi, sans compter les inégalités de salaires et de droits de propriété, les violences de genre. La démographie croissante et une population très jeune (plus de 50 % de la population de 4,4 millions d'habitants a moins de 20 ans) engendrent une forte demande de services publics de base et pour des emplois décents. Les déficits de ces derniers génèrent des tensions sociales, affectent le potentiel de croissance de l'économie et creusent les inégalités sociales notamment liées à l'ethnicité et au genre. Par ailleurs, la Mauritanie est un pays de transit et encore plus de destination pour les migrants venant de la sous-région. Depuis 2020, l'Union européenne renforce le dialogue et la coopération avec les autorités mauritaniennes pour adresser la migration irrégulière, suite à l'augmentation du nombre de départs vers les îles Canaries."}, {"bbox": [83, 1428, 1147, 1639], "category": "Text", "text": "La Mauritanie est engagée dans un programme de réforme de la gestion des finances publiques. Avec l'adoption de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) du 9 octobre 2018, cette ambitieuse réforme vise à rénover la gestion budgétaire par un programme de réformes structurantes des finances publiques. L'évaluation de la gestion des finances publiques effectuée en 2019-2020 selon la méthodologie « Public Expenditure and Financial Accountability » (PEFA) et l'évaluation de la gestion des investissements publics (PIMA) ont mis en évidence d'importantes faiblesses structurelles qui limitent les efforts réalisés pour mettre en œuvre les dispositions de la LOLF. À partir de 2022, la gestion budgétaire sera présentée par programmes assortis d'objectifs et d'indicateurs de résultat."}, {"bbox": [1048, 1663, 1157, 1686], "category": "Page-footer", "text": "Page 4 de 17"}]