[{"bbox": [96, 152, 1136, 340], "category": "Text", "text": "Les afflux de réfugiés de divers pays voisins et les mouvements des personnes déplacées dûs au changement climatique, à l'insécurité, aux conflits intercommunautaires, aux mouvements nomades et aux modifications des itinéraires de transhumance, entre autres, ont ajouté aux défis auxquels le secteur de l'éducation est déjà confronté en ajoutant aussi la problématique liés vis à vis de la langue d'enseignement. Des progrès ont été faits pour l'inclusion complète des populations qui parlent d'autres langues. En 2019, le Tchad a adopté sa loi d'asile dont le chapitre II traite des mesures d'inclusion des populations refugiés, y compris leur accès aux service de base, mais 52 % des des filles et 49 % des, garçons réfugiés âgés entre 6 et 18 ans ne sont pas scolarisés⁷."}, {"bbox": [96, 350, 1136, 458], "category": "Text", "text": "Bien qu'il y ait peu de données sur la situation des enfants handicapés au Tchad, il est connu que ces enfants sont plus exclus des opportunités d'éducation et font face à des obstacles supplémentaires pour accéder aux écoles (manque de transport accessible, installations d'hygiène accessibles, et surtout stigmatisation et préjugés parmi les enseignants et les pairs)."}, {"bbox": [96, 469, 563, 498], "category": "Section-header", "text": "## 4. Analyse sexospécifique et sensibilité au genre"}, {"bbox": [96, 509, 1136, 617], "category": "Text", "text": "En dépit de ses politiques très volontaristes, le Tchad demeure un pays fortement patriarcal plaçant les femmes dans une position d'infériorité à tous les échelons de la société (famille, communauté, école, secteur professionnel). Selon une étude de la Plateforme d'échanges et de promotion de l'agriculture familiale au Tchad (PEPAF-Tchad), les trois facteurs à la base de la discrimination des femmes sont : la coutume, la religion et l'analphabétisme."}, {"bbox": [96, 628, 1136, 763], "category": "Text", "text": "La femme rurale tire majoritairement ses revenus de l'agriculture (45.2 %), puis du commerce (38.9 %). Seules 10.9 % d'entre elles ont recours aux coopératives ou caisses d'épargne, ce qui limite considérablement les possibilités d'expansion. Près d'une femme sur deux n'a pas d'instruction. Ainsi, peu de femmes perçoivent la discrimination dont elles font l'objet dans la sphère familiale, se retrouvant ainsi souvent elles-mêmes des instruments de reproduction du schéma patriarcal qui les place dans une position d'infériorité."}, {"bbox": [96, 773, 1136, 881], "category": "Text", "text": "Ces inégalités de pouvoir de décision se retrouvent dans les décisions liées au mariage. La très grande majorité des femmes ne choisissent pas leur mari, en particulier si elles ont été mariées avant 18 ans. Les hommes, eux, peuvent épouser d'autres femmes sans avoir à demander à la première épouse. Les mères interviennent en revanche de façon assez forte dans le choix de l'épouse du fils."}, {"bbox": [96, 891, 1136, 1000], "category": "Text", "text": "Au total, ce sont 67 % des filles qui sont victimes de mariage précoce, soit un peu plus des deux tiers, pourcentage conséquent quand on connaît les implications du mariage précoce sur la fille: grossesse précoce donc potentiellement à risque, prévalence plus forte de violences conjugales, manque voire absence d'opportunités d'autonomisation par manque de formation et très fort risque de reproduire ce même schéma avec ses enfants."}, {"bbox": [96, 1011, 812, 1039], "category": "Section-header", "text": "### La non-éducation des filles, conséquence et source des inégalités de genre"}, {"bbox": [96, 1050, 1136, 1184], "category": "Text", "text": "L'éducation est un droit fondamental, un puissant vecteur de développement et l'un des meilleurs moyens de réduire la pauvreté, d'améliorer la santé, de promouvoir l'égalité entre les sexes et de faire progresser la paix et la stabilité. L'éducation a évidemment un effet direct et conséquent (bien que non immédiat) sur l'amélioration des revenus et c'est le premier facteur d'égalité des chances. En priver les filles revient à les condamner à la pauvreté chronique et à la vulnérabilité familiale, sociale, professionnelle et climatique."}, {"bbox": [96, 1195, 1136, 1277], "category": "Text", "text": "Le taux de scolarisation des filles est inférieur de 20 points à celui des garçons à quasiment tous les âges et les écarts relatifs mesurés par l'indice de parité se creusent, si bien qu'à 16 ans, les filles sont deux fois moins scolarisées que les garçons."}, {"bbox": [96, 1287, 1136, 1394], "category": "Text", "text": "En ce qui concerne l'enseignement moyen, selon une étude du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) datant de 2019 et mise à jour en mars 2021, le taux d'achèvement est de 13.3 % pour les filles contre 28.2% pour les garçons avec d'importantes disparités au niveau provincial. Au niveau du secondaire général, le taux d'achèvement de 10.3 % traduit une faible fréquentation des filles."}, {"bbox": [96, 1404, 1136, 1563], "category": "Text", "text": "Du côté des enseignants, on retrouve la même problématique, à savoir une sous-représentation des femmes. Au primaire, il y a moins de 20 % de femmes institutrices. Au moyen et secondaire, elles ne sont plus que respectivement 5.7 % et 8 %. Ce déséquilibre représente un frein à la scolarisation des filles dans la mesure où d'une part, il fait de l'école un milieu majoritairement masculin et d'autre part, il empêche les filles de s'identifier à un modèle féminin émancipé et de se projeter dans une activité professionnelle, voire dans cette profession directement."}, {"bbox": [85, 1620, 534, 1647], "category": "Footnote", "text": "⁷ Stratégie éducation des réfugiés 2030 – Tchad. Lien"}, {"bbox": [1027, 1680, 1145, 1706], "category": "Page-footer", "text": "Page 10 of 35"}]