[{"bbox": [107, 152, 1145, 418], "category": "Text", "text": "ailleurs la LAB est soit inexistante (c'est le cas dans la plupart des concessions forestières et dans toutes les forêts communales et communautaires) soit discontinue et/ou de qualité médiocre. La durabilité du modèle actuel de gestion de la biodiversité à l'échelle de l'ensemble du massif forestier, notamment au sein des 84% du territoire que représente le DFP, est posée. L'application de la loi et de l'ordre dans les résolutions de conflit homme-faune, de conflits liés au droit foncier ou aux limites des aires protégées, de braconnage (« de subsistance » ou lié au crime transnational) et d'exploitation illégale de ressources agricoles, forestières, halieutiques ou minières par les civils vivants à proximité représente un réel enjeu en terme de protection des civils. De nombreuses avancées dans le secteur existent déjà (formation spécifique des éco gardes, participations des communautés riveraines et autochtones dans les activités de conservation et de générations de revenus, application du CLIP) mais l'approche basée sur les droits humains doit devenir systématique dans toute les actions de conservation."}, {"bbox": [107, 426, 1145, 1357], "category": "Text", "text": "**Économie verte et gestion forestière** : l'activité forestière est la principale activité économique du paysage mais la rentabilité de l'exploitation par les exploitants soucieux de respecter la légalité est compromise, or la durabilité dépend directement de la rentabilité. Quelques entreprises forestières certifiées FSC (1) et OLB (5) font des efforts de bonne gestion de leurs territoires sous aménagement, mais pour les autres concessions non certifiées du DFP, et pour la plupart des zones agroforestières (DFnP), les pratiques illégales sont fréquentes et l'exploitation forestière y est non durable. Pour maintenir un standard de certification indépendante, les coûts sont très élevés et la rentabilité insuffisante, car l'entreprise doit supporter des coûts liés à son environnement qui ne sont pas directement liés à son cœur de métier et pèsent sur son résultat. Les petits exploitants artisanaux ou semi-industriels ne connaissent pas ces contraintes et ne se préoccupent guère des règles et de l'intérêt de les respecter, ils contribuent à dégrader rapidement les forêts du DFnP, voire parfois du DFP. Le modèle de l'économie forestière qui a pu fonctionner depuis plusieurs décennies est aujourd'hui plus ou moins à bout de souffle car le rythme des prélèvements en bois s'est avéré trop rapide au regard des capacités naturelles de reconstitution. Entre baisse des rendements, obligation prochaine de transformation locale et augmentation de la pression fiscale et des contraintes logistiques, l'avenir des compagnies forestières travaillant dans la légalité devient plus précaire, peu rentable, alors que les entreprises travaillant dans l'illégalité continuent de prospérer à court terme grâce au pillage de la ressource. L'État est souvent défaillant dans le contrôle de l'exploitation forestière (bois, faune, PFNL), et faute d'application stricte de la réglementation, couteuse pour les exploitants, les forêts du DFnP sont d'ores et déjà pratiquement vidées de l'essentiel des bois d'intérêt commercial, et les forêts du DFP sont en déclin. L'APD s'est peu impliquée pour améliorer la durabilité de l'exploitation forestière, alors que le modèle économique basé sur l'extraction pure et simple, orienté essentiellement vers l'exportation, ne pourra plus fonctionner encore longtemps et doit être repensé en intégrant les besoins de reconstitution forestière, de gestion de la biodiversité, de développement agricole et rural dans les zones agroforestières adjacentes (cacao, vivrier, palmier à huile, etc.), etc. Le cacao est le principal produit de rente pour les agriculteurs locaux, mais les vergers de cacaoyers sont souvent trop âgés, avec de très faibles rendements et peu de recettes générées. Dans les zones forestières enclavées, les cultures vivrières sont essentiellement destinées à la subsistance car les routes ne permettent pas d'évacuer des produits fragiles, c'est donc le cacao qui assure l'essentiel des recettes monétaires des petits producteurs car elle est la plus rentable des chaines de valeur. Cette filière est ancienne mais mal organisée, dominée par des intermédiaires peu scrupuleux, sans respect de la qualité et de la traçabilité. Parfois, la création de nouvelles plantations se fait après destruction de la forêt primaire. De même, les filières de PFNL restent souvent encore marginales, seuls les produits non périssables peuvent atteindre les marchés, à condition cependant que le cout du transport demeure acceptable. Les forêts communales sont une solution qui intéresse les communes mais qui demande à être mieux accompagnée pour que leur exploitation soit réellement durable (bois) et qui devrait désormais également s'atteler à mieux gérer la biodiversité (faune) partout en décroissance rapide du fait du braconnage. Les jeunes qui veulent s'installer comme agriculteur rencontrent beaucoup de difficultés, que ce soit en termes d'accès à la terre, d'accès au savoir, d'accès aux financements, etc."}, {"bbox": [107, 1370, 1145, 1480], "category": "Text", "text": "Au niveau climatique, une hausse particulièrement prononcée de la fréquence des vagues de chaleur est projetée pour le Sud du pays⁴. L'augmentation des conséquences négatives du climat sur le secteur agricole affecte les modes de production des populations rurales et contribue de façon visible à l'accélération de leur exode vers les zones urbaines."}, {"bbox": [85, 1573, 1143, 1645], "category": "Footnote", "text": "⁴ Cameroun, rapport diagnostic, *Changement climatique et gestion des risques de catastrophes, 2018* (Banque mondiale)\nhttps://documents1.worldbank.org/curated/en/100761543264193172/text/Changement-Climatique-et-Gestion-des-Risques-de-Catastrophe-au-Cameroun.txt"}, {"bbox": [1037, 1681, 1143, 1706], "category": "Page-footer", "text": "Page 8 of 31"}]