[{"bbox": [96, 152, 1134, 444], "category": "Text", "text": "→ Ecosystèmes. Dans le contexte insulaire territorialement étroit des Comores, les écosystèmes terrestres, côtiers et marins sont interconnectés. La côte n'est jamais distante de plus de 20 km du centre des îles volcaniques, diversement escarpé, et concentre la population. Les écosystèmes se dégradent à un rythme alarmant sous l'action de l'homme, aggravé par les effets du changement climatique qui perturbe le cycle des saisons et des précipitations. Les ressources naturelles, qui tiennent une part importante dans l'économie des ménages, sont surexploitées de façon non renouvelable. Selon la FAO, l'Union des Comores connaît un des taux de déforestation les plus élevés au monde (24% entre 1990 et 2015) et seules quelques zones de forêts primaires subsistent dans des zones protégées difficiles d'accès. Cette déforestation massive est à l'origine de la diminution du débit des rivières, voire à leur assèchement, ainsi que d'importants phénomènes d'érosion et de dégradation des sols. Cette érosion des sols impacte non seulement la teneur en matière organique des sols, mais augmente de la turbidité des eaux côtières, affectant l'écosystème récifal."}, {"bbox": [96, 444, 1134, 577], "category": "Text", "text": "Les services écosystémiques assurés par le couvert forestier, dont la dégradation se poursuit encore, commencent à s'altérer : régulation du cycle de l'eau (infiltration, diminution de l'évaporation, etc.), protection des sols, effet de puits à carbone (séquestration du CO2), modération des températures et des vents notamment. Le rôle économique de la forêt est menacé quantitativement et qualitativement : biomasse-énergie, bois d'œuvre, miel, plantes aromatiques et médicinales par exemple."}, {"bbox": [96, 577, 1134, 735], "category": "Text", "text": "→ L'érosion des bassins versants se manifeste lors des fortes pluies par des écoulements torrentiels qui provoquent l'affouillement des berges avec des sédiments transportés vers la mer, la destruction de bâtiments et d'infrastructures (notamment routières). Sur les fortes pentes, la saturation du sol cause des glissements de terrain dangereux. L'érosion côtière est accentuée par la collecte illégale de sable des plages pour la construction, notamment à Anjouan, alors même que le sel du sable marin en diminue la longévité. Le recul de la frange littorale (25 à 30 m mesurés à Mohéli en 15 ans) menace l'habitat, les champs et infrastructures."}, {"bbox": [96, 735, 1134, 1081], "category": "Text", "text": "→ Oscillations et changement climatiques. Les Comores, en tant qu'îles de l'Océan Indien, sont exposées aux oscillations climatiques El Ninô, avec de fortes modifications de températures de surface qui causent blanchissement des coraux et marées rouges. Affectées par le changement climatique, les Comores enregistrent depuis 10 ans une nette tendance à l'augmentation des températures, un déficit des précipitations dépassant les prédictions du GIEC et un rallongement des périodes sèches, avec des effets négatifs sur le cycle de l'eau et les activités agricoles. Les épisodes pluviométriques intenses vont croissants, aggravant l'érosion des bassins versants, les glissements de terrain et les inondations. Les zones côtières basses (entre 0 et 20 m) sont exposées au risque de submersion marine liée à la montée des eaux, aux tsunami et vagues de tempêtes. L'augmentation de la température de l'Océan et de son acidification perturbe l'écosystème marin (qualitativement et quantitativement), notamment récifal, vital tant pour la protection des côtes que pour l'alimentation des populations locales qui en dépendent. Les Comores sont plutôt à l'écart des routes cyclonique traversant d'est en ouest l'Océan Indien, protégées par la masse continentale de Madagascar. Néanmoins, en 2019 le cyclone Kenneth a impacté 185.000 personnes, 4.900 habitations ainsi que l'élevage et la production agricole."}, {"bbox": [96, 1081, 1134, 1134], "category": "Text", "text": "→ Risques volcaniques. En Grande-Comore, la dernière éruption du volcan Kartala (2361 m) date de 2007 avec des retombées de cendres. Les précédentes ont entrainé d'importantes coulées de lave, terreau fertile."}, {"bbox": [96, 1134, 1134, 1320], "category": "Text", "text": "→ Pollution. L'absence quasi totale de politique de ramassage et de traitement des déchets domestiques est clairement visible aux Comores. Les déchets s'accumulent dans les rues et sur les plages. Les cours d'eau et nappes phréatiques sont pollués. Les déchets légers (cannettes, plastiques, couches...) finissent à la mer et forment des nappes flottantes polluant les côtes, posant des problèmes sanitaires et sont des obstacles au développement attendu du tourisme. Les initiatives citoyennes de collecte des déchets - souvent portées par des associations locales de jeunes et de femmes- se heurtent au manque de relai pérenne au niveau des territoires pour le tri, traitement, valorisation, compostage et le stockage."}, {"bbox": [96, 1345, 350, 1370], "category": "Section-header", "text": "Une économie verte bridée"}, {"bbox": [96, 1372, 1134, 1451], "category": "Text", "text": "Les Comores sont largement déficitaires en produits alimentaires (75% d'importations). Malgré les agressions environnementales, le pays est naturellement fertile (sols volcaniques) et encore vert, et une large partie des terres ne sont que partiellement exploitées ou sur un mode cueillette (fruits notamment)."}, {"bbox": [96, 1451, 1134, 1530], "category": "Text", "text": "Hormis la vanille, les cultures de rentes cohabitent mal avec la production alimentaire : l'ylang-ylang est gourmand en espace et bois de chauffe pour la distillation, source de déforestation accentuant le manque d'eau, et le giroflier acidifie les sols alentours, éloignant les autres cultures."}, {"bbox": [96, 1530, 1134, 1637], "category": "Text", "text": "→ La productivité des cultures vivrières telles que bananes, manioc, tubercules, traditionnellement très appréciées, reste faible et progresse peu, notamment du fait de la déficience de protection phytosanitaire, qualité du matériel végétal, pratiques culturales et aménagements. L'utilisation des eaux pluviales, la gestion de la fertilité des sols et l'irrigation ne sont pas optimisées. Une large partie de la production alimentaire est autoconsommée par les"}, {"bbox": [1037, 1680, 1144, 1706], "category": "Page-footer", "text": "Page 8 of 35"}]