[{"bbox": [96, 153, 1134, 259], "category": "Text", "text": "ménages des agriculteurs/trices ou vendue localement en circuit très court. Le solde excédentaire fait l'objet d'exportations inter-îles, notamment vers les bassins de consommation plus prospères de la Grande-Comore. La faible productivité du secteur contribue à la relative cherté de certains produits nationaux, ce qui les rend peu concurrentiels vis à vis de produits importés massivement à bas prix."}, {"bbox": [96, 259, 1134, 494], "category": "Text", "text": "→ *Les difficultés de transport* (vers les villes d'une même île ou des autres îles : enclavement et mauvais état des routes ; cherté et risques du transport en mer par des vedettes de petite taille) contribuent à une autolimitation de la production. *La faible organisation* des producteurs primaires aggrave la défaillance des circuits de commercialisation : quasi-absence de grossistes -procédés/dispositifs de transformation et de stockage. Ces difficultés conduisent à (i) des pertes de production, (ii) la dégradation de leur qualité, (iii) de faibles prix d'achat au producteur, (iv) prix de vente élevés au consommateur. Certains produits prisés (ailes de poulet/œufs) subissent la concurrence de produits importés de faible qualité moins chers ainsi que des ruptures de la chaîne d'approvisionnement amont (provende importée) pesant sur la dynamique de développement des filières nationales."}, {"bbox": [96, 496, 1134, 683], "category": "Text", "text": "→ Parmi les *autres problèmes* : les variations saisonnières de production agricole, affectant la régularité des approvisionnements et des prix ; l'accès difficile au foncier limitant la mise en valeur agricole et poussant au défrichement pour accéder à de nouvelles terres¹² ; le manque d'accès au financement des exploitations rurales (pour du petit équipement, des aménagements ou fonds de roulement pour les intrants phytosanitaires, semences, etc.) ; les traditions tenaces et le manque de connaissance en gestion de la ressource en eau ; la pénibilité du travail manuel du sol (notamment pour les femmes et les jeunes) faute de traction mécanique ou animale notamment; l'absence de partage et mise à l'échelle des pratiques améliorées."}, {"bbox": [96, 683, 429, 708], "category": "Section-header", "text": "## Une économie bleue embryonnaire"}, {"bbox": [96, 709, 1134, 1480], "category": "Text", "text": "Les Comores ambitionnent de développer leur économie bleue, mais les compétences institutionnelles sont encore faibles et le cadre stratégique imprécis, peu coordonné. Le plan de gestion des pêcheries côtières de 2019 – porté par la Direction des pêches – est encore peu appliqué et l'école nationale de pêche dysfonctionnelle. La pêche reste traditionnelle (pirogues non motorisées –pêche à pied) et artisanale (petites embarcation à moteur) et les compétences/opportunités de formation insuffisantes. En 2017, les Comores ont été identifiées par l'UE comme Etat tiers non coopérant dans la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) en raison du manque de contrôle sur les activités de leur flotte de pêche industrielle et semi-industrielle¹³. Sur cette base, aucun produit de la pêche ne peut être exporté par les Comores vers l'UE, protégeant ainsi le marché de l'UE des produits issus de la pêche INN¹⁴. Afin de soutenir le potentiel économique des exportations de produits de la pêche, dans un premier temps, un soutien devrait être fourni aux Comores pour combler les lacunes du cadre de gouvernance de la pêche qui ont conduit à son identification en tant que pays tiers non coopérant. La pêche joue pour les villages côtiers un rôle important de filet de sécurité pour nourrir les familles vulnérables – la ressource y est gratuite, encore souvent abondante et accessible à peu de frais. Les pratiques de pêche (entretien de moteur, traitement à bord et à terre des captures, technique de pêche, gestion des ressources et sécurité) sont peu productives – voire destructrices dans certaines zones fragiles (surpêche -piétinement récifal- filet –dynamique-poison). Par-delà des freins culturels, le pêcheur étant peu valorisé socialement et la mer considérée comme dangereuse (la plupart des gens ne savent pas nager), l'insécurité en mer - due à la fragilité des embarcations, à l'absence de gilets de sauvetage et au manque de moyens de télécommunication- fait de la pêche un métier peu attractif pour les jeunes. Le manque d'organisation avale, notamment pour la chaine de froid, et en amont, en termes de financement et régularité des circuits d'approvisionnement en matériel, nuit à l'efficacité de la filière. Le manque de connaissance et équipements pour la conservation du poisson dans un état de fraîcheur et de qualité satisfaisant, depuis la capture jusqu'à la consommation, impacte l'hygiène nutritionnelle. L'essor de nouvelles pêcheries, comme le poulpe, ne s'accompagne pas de l'introduction de nouvelles pratiques culinaires, de transformation ce qui en limite la portée dans les habitudes alimentaires. Certains produits de la mer - comme les algues - comestibles tant par les hommes que le bétail - ne sont pas valorisés, de même que les déchets de poisson (abats) - réduisant l'exploitation des ressources marines à quelques espèces, parfois surexploitées (récifales notamment). Les côtes, notamment les aires marines protégées (Mohéli), pâtissent de l'expansion sur les bassins versants des plantations d'ylang-ylang et arbres fruitiers, et plus généralement du déboisement. Les sols - mis à découvert- charrient les sédiments du bassin versant vers la mer, altérant les herbiers marins et les récifs coralliens, où plusieurs espèces se régénèrent."}, {"bbox": [96, 1492, 647, 1518], "category": "Section-header", "text": "## Des déséquilibres alimentaires et nutritionnels persistants."}, {"bbox": [85, 1548, 1143, 1599], "category": "Footnote", "text": "¹² A ce propos, il convient de mentionner les conflits fonciers au niveau des aires protégées, où il n'est pas rare que les objectifs de préservation du patrimoine sont opposés à la mise en valeur agricole."}, {"bbox": [85, 1597, 354, 1622], "category": "Footnote", "text": "¹³ JO L 135 du 24.5.2017, p. 35."}, {"bbox": [85, 1621, 350, 1646], "category": "Footnote", "text": "¹⁴ JO L 185 du 18.7.2017, p. 37."}, {"bbox": [1037, 1680, 1144, 1706], "category": "Page-footer", "text": "Page 9 of 35"}]