[{"bbox": [97, 152, 1134, 233], "category": "Text", "text": "La Baie de Hann est située à Dakar et s'étend sur 20km depuis le port de Dakar jusqu'à Rufisque. Considérée dans les années 1970 comme l'une des plus belles baies au monde, elle a progressivement atteint une situation de dégradation avancée en raison de plusieurs facteurs, parmi lesquels:"}, {"bbox": [97, 244, 1134, 351], "category": "List-item", "text": "- le **développement des activités industrielles** dans le domaine portuaire et au sud de la presqu'île du Cap Vert, sans prise en compte de la dimension environnementale, qui est à l'origine d'importants volumes d'eaux résiduaires industrielles et de déchets rejetés dans la baie (environ 80% de l'industrie sénégalaise est située le long de la baie soit environ une centaine d'industries recensées);"}, {"bbox": [97, 363, 1134, 444], "category": "List-item", "text": "- une **croissance urbaine rapide** dans les quartiers à proximité de la zone industrielle et démunis de systèmes d'évacuation des eaux usées domestiques ; les communes d'arrondissement riveraines sont les communes de Dakar Plateau, Hann Bel Air, Thiaroye-sur-mer, Dalifort, Diamaguène Sicap Mbao et Mbao;"}, {"bbox": [97, 455, 1134, 562], "category": "List-item", "text": "- le non-respect de la fonction initiale du canal VI qui débouche dans la baie, celle d'évacuation des eaux pluviales : ce canal est aujourd'hui le réceptacle d'eaux usées domestiques et industrielles (branchements clandestins) et d'importantes quantités de déchets ménagers et industriels (huiles usées) qui, en saison des pluies, se retrouvent dans la baie de Hann;"}, {"bbox": [97, 574, 1134, 627], "category": "List-item", "text": "- les conditions naturelles de la baie (confinement et courants marins, aggravés par une digue), qui favorisent un enrichissement du milieu et une eutrophisation nuisible à la biodiversité."}, {"bbox": [97, 639, 1134, 852], "category": "Text", "text": "Ces facteurs sont à l'origine de la **forte pollution du milieu marin et du littoral** qui, en plus des conséquences environnementales directes, a des conséquences sanitaires (développement de maladies infectieuses chez les populations locales), sociales (perte de l'usage d'un milieu favorable aux loisirs et au développement du tourisme), et économiques (perte de revenus pour les populations locales du fait de l'abandon des zones de loisirs, de tourisme et de la pêche sur la côte) majeures. A titre d'exemple, les niveaux d'e-coli et d'entérocoques qui caractérisent la qualité des eaux de baignade sont respectivement supérieurs à 1900 et 3800 germes par 100ml dans certains endroits mesurés début 2020, alors que les normes européennes considèrent une qualité des eaux suffisante pour la baignade pour des valeurs d'E-coli inférieures à 500 et inférieures à 200 pour les entérocoques."}, {"bbox": [97, 864, 1134, 1078], "category": "Text", "text": "Les projections climatiques à horizon 2080 (RCP2.6 et RCP6.0) anticipent une augmentation de la température de l'air de 1,8°C à 3,6°C par rapport aux niveaux pré-industriels, ce qui accroitra les risques de propagation de maladies (notamment diarrhériques). Les projections concernant les précipitations sont moins certaines, avec une légère baisse des précipitations annuelles moyennes mais une hausse des évènements extrêmes, à la fois inondations et sécheresses. Les épisodes de fortes précipitations devraient augmenter en intensité, ce qui accroitra les écoulements vers la baie ainsi que les risques sanitaires associés en cas d'absence de réseau d'assainissement approprié (surverse des fosses septiques notamment). Le changement climatique aura donc un effet aggravant significatif sur le niveau de risque sanitaire et écologique de la baie."}, {"bbox": [597, 1089, 634, 1106], "category": "Text", "text": "***"}, {"bbox": [97, 1127, 1134, 1288], "category": "Text", "text": "Face à ce constat, le Gouvernement du Sénégal a décidé de confier à l'Office national de l'Assainissement du Sénégal (ONAS) la maitrise d'ouvrage du Projet de dépollution de la Baie de Hann, un vaste programme de travaux consistant à mettre en place des infrastructures de collecte, de traitement et de rejet en mer des effluents industriels et domestiques de la Baie. Après une période importante d'études et d'analyses due à la complexité du projet et à la multitude d'intervenants, le projet a pu être élaboré et soumis dans sa version finale aux partenaires techniques et financiers en janvier 2018."}, {"bbox": [97, 1299, 1134, 1354], "category": "Text", "text": "Ce projet a été pensé par les autorités sénégalaises parallèlement à la définition d'une stratégie pollueur-payeur, acceptée sur le principe par les industriels lors de la signature d'un protocole d'accord en 2010, qui consiste en:"}, {"bbox": [97, 1365, 1134, 1419], "category": "List-item", "text": "- l'application par l'ONAS d'une redevance d'assainissement aux industriels qui seront raccordés à son réseau, après avoir doté leur usine de systèmes de prétraitement de leurs effluents;"}, {"bbox": [97, 1430, 1134, 1537], "category": "List-item", "text": "- l'application effective par le Ministère de l'Environnement (à travers la Direction de l'Environnement et des Etablissements Classés - DEEC) d'une taxe à la pollution aux industriels qui rejettent leurs effluents directement dans le milieu naturel, contrevenant ainsi aux normes environnementales en vigueur, de manière à les inciter à mettre en place leur prétraitement et se raccorder au réseau de l'ONAS."}, {"bbox": [97, 1549, 1134, 1630], "category": "Text", "text": "Dans ce contexte, le volet infrastructures du Projet de dépollution de la Baie de Hann ne peut être décorrélé de son volet institutionnel, l'un ne pouvant fonctionner sans l'autre pour l'atteinte des résultats escomptés. En juin 2020, une feuille de route a été adoptée pour l'instauration du principe pollueur-payeur. Sa mise en œuvre prévoit, outre"}, {"bbox": [1038, 1681, 1144, 1706], "category": "Page-footer", "text": "Page 7 of 24"}]