[{"bbox": [97, 154, 1133, 207], "category": "Text", "text": "effets désastreux sur le développement socio-économique du pays et des populations du nord du Benin, et restaurer la confiance et les liens entre forces de sécurité et population."}, {"bbox": [85, 268, 398, 299], "category": "Section-header", "text": "## 2.2 Analyse des problèmes"}, {"bbox": [96, 314, 1134, 818], "category": "Text", "text": "Les quatre départements du nord, Alibori, Atakora, Borgou et Donga, regroupent 44% de la population agricole du Bénin. Le nombre de ménages pratiquant des activités de transformation et de commercialisation de produits agricoles y est faible, en comparaison avec les autres départements du pays. La production est dominée par la culture de coton (90% à la production cotonnière du pays), dont les recettes d'exportation représentent 3.7% du PIB national (en 2021). La zone contribue également à plus de 45% à la production nationale de maïs, culture de contre saison de celle du coton, qui constitue une base essentielle de l'alimentation béninoise. En d'autres termes, l'économie des ménages est peu diversifiée, dominées par les revenus agricoles, principalement issus de la production de coton et de maïs. Ce manque de diversification apparaît comme un risque majeur de vulnérabilité des ménages, alors qu'une partie importante d'agriculteurs (48%) connait justement aujourd'hui une dégradation des rendements agricoles sur leurs exploitations. Cette baisse est directement liée au déclin progressif de la fertilité des sols, conséquence d'une intensification non durable de l'agriculture, de l'orientation vers des cultures de rente peu diversifiées et des multiples chocs climatiques et météorologiques. Ainsi, l'agriculture, telle qu'actuellement pratiquée, paraît de moins en moins rentable, en particulier pour les ménages disposant d'exploitations de taille limitée, et devant faire face au manque (structurel) d'intrants et de main d'œuvre⁹. Parmi les ménages les plus pauvres, les jeunes adultes ont tendance à quitter les exploitations familiales pour se rapprocher des centres urbains, à la recherche d'emplois rémunérés, voire pour migrer saisonnièrement dans les pays limitrophes, engendrant une pénurie de main d'œuvre lors des travaux agricoles. Les enfants les plus jeunes sont souvent contraints de travailler sur les fermes familiales. Près d'un tiers de la jeune génération ne va pas à l'école, ce qui risque de limiter leurs opportunités d'émancipations dans le futur, et de renforcer leurs sentiments d'exclusion et la marginalisation."}, {"bbox": [96, 829, 1134, 1122], "category": "Text", "text": "La dégradation des sols est également liée à celles des pâturages et des écosystèmes forestiers (réserves forestières et forêts galeries sur les principaux bassins versants)¹⁰, colonisés progressivement par les agriculteurs ces dernières décennies, pour répondre ainsi à la baisse des rendements et à l'augmentation de la population rurale. Cette colonisation agricole a contribué à réduire les espaces disponibles pour l'élevage (aires de patures et couloirs de transhumances), alors que le nord du Bénin consitue justement une des plus importantes zones d'élevage pastoral du pays (Alibori, Atakora et Borgou regroupent à eux seul 78% du cheptel bovin du pays, soit 1,360,000 têtes de bétail, détenus par 91 000 éleveurs¹¹). La pression exercée par l'agriculture engendre des conflits récurrents entre communautés¹² et tend à pousser les éleveurs à migrer vers les réserves forestières. Là, ils y côtoient d'autres communautés qui exploitent les forêts de manière extensive, et qui les accusent souvent d'y entretenir un climat d'insécurité, voire d'y cohabiter avec d'autres groupes de bandits ou djihadistes. Ces espaces forestiers sont effectivement peu contrôlés par les services de l'Etat et les communautés locales ont tendance à les déserter."}, {"bbox": [96, 1133, 1134, 1241], "category": "Text", "text": "Si l'agriculture est la profession la plus importante dans cette région du nord du Bénin, les emplois qu'elle génère sont faiblement rémunérés et souvent précaires. De fait, la jeunesse est de plus en plus réticente à s'y investir. Comme souligné précédemment, les agro-industries et autres PME para agricoles sont peu développées, alors qu'elles pourraient justement générer des emplois stables et rémunérateurs, en particulier pour les femmes et les"}, {"bbox": [85, 1277, 1144, 1343], "category": "Footnote", "text": "⁹ Seulement 6% des ménages ruraux du nord disposent de vastes exploitations bien connectées aux marchés (AGVSAN, 2022). Ces ménages ont les moyens d'emprunter auprès d'institutions financières formelles, d'investir dans la mécanisation et la modernisation économique de leurs exploitations en s'appuyant sur un patrimoine foncier et des pratiques agricoles durables."}, {"bbox": [85, 1342, 1144, 1407], "category": "Footnote", "text": "¹⁰ Les départements de Donga, Atacora, Borgou et Alibori sont les quatre départements les plus boisés du pays. Sous l'effet de la pression agricole, un nombre important d'éleveurs quittent aussi progressivement la zone de l'Alibori pour s'installer dans le Borgou, où le nombre d'animaux a considérablement augmenté ces trois dernières années."}, {"bbox": [85, 1406, 1144, 1538], "category": "Footnote", "text": "¹¹ L'Alibori et le Borgou regroupent 36% des éleveurs de bovins du pays. Une part de ces éleveurs sont des agropasteurs, pratiquant une transhumance limitée dans l'espace. Une autre part importante est celle des agriculteurs ayant investi dans l'élevage les revenus issus des cultures de rente : les plus grandes exploitations de coton (50ha) possèdent souvent des troupeaux allant au-delà de 40 à 50 têtes de bétail. Chaque année, de décembre à avril, le nord du Bénin accueillait également des troupeaux du Burkina-Fasso et du Niger. En 2017, ces flux transfrontaliers ont été estimés entre 123 000 et 370 000 bovins. Le gouvernement a interdit cette transhumance transfrontalière en 2019 « dans le but de protéger les écosystèmes locaux et d'éviter d'éventuels conflits entre agriculteurs et transhumants ». Elle est donc aujourd'hui limitée."}, {"bbox": [85, 1537, 1144, 1647], "category": "Footnote", "text": "¹² Ces conflits sont encore pour la plupart directement résolus entre protagonistes, sans intervention de l'administration. Par ailleurs, notons que l'essentiel des conflits éleveurs/ agriculteurs enregistrées au Bénin par l'administration, le sont plutôt dans les départements du centre, du Zou et des Collines, et non pas dans les départements du nord : 59,8% sur un total de 306 conflits enregistrés en 2015 ; 38 cas de conflits sur 47 en 2016). L'administration enregistrait 42 cas de conflits en 2019 et 40 en 2020. Le nombre de ces conflits n'a cessé de diminuer depuis 2015, même si l'administration enregistrait 23 pertes en vies humaines liées à ces événements en 2020, contre seulement 3 en 2019."}, {"bbox": [1038, 1682, 1144, 1706], "category": "Page-footer", "text": "Page 6 of 28"}]