[{"bbox": [96, 179, 1134, 471], "category": "Text", "text": "La RDC accuse un retard en matière de développement numérique, par rapport à la plupart des pays africains. Le taux de pénétration d'internet reste faible et seuls 19% des Congolais ont accès à internet, contre une moyenne de 35% sur le continent. À peine plus d'un tiers (36%) de la population vit dans une zone couverte par le réseau 4G. La plupart des compétences numériques intermédiaires ou avancées sont acquises de manière autonome : le plus souvent par des étudiants entrepreneurs désireux d'acquérir des compétences (par exemple de codage ou de marketing digital) qui décident de se former eux-mêmes durant les études, via des forums ou des cours en ligne. L'offre de formation professionnelle dans les technologies de l'information (TIC) est encore très faible : avec un type d'enseignement plutôt théorique (compétences de logiques et de sciences, technologies, ingénieries et mathématiques), quasiment aucune université publique ne forme aux compétences utilisables sur le marché du travail. Ces universités permettent néanmoins de constituer une base académique, que les étudiants doivent compléter par des cours en ligne, des incubateurs ou centres d'innovation, ou des instituts privés."}, {"bbox": [96, 472, 1134, 682], "category": "Text", "text": "Ces derniers représentent donc la seule offre organisée de formation locale et structurée, délivrant des compétences relativement avancées, souvent validées par une certification internationale (Simplon, Google, Microsoft). Ils fonctionnent sous différents modèles de développement et d'enseignement, trop souvent encore dépendants des bailleurs de fonds. Le secteur privé et les autorités publiques font appel à leur dynamisme, par exemple pour des services ponctuels de e-gouvernement durant la crise du Covid-19. Ces instituts privés se sont souvent développés dans le cadre de hub d'innovation permettant la naissance d'écosystèmes digitaux dynamiques mais fragiles (autour de Kinshasa, Lubumbashi et du Kivu). Cela a favorisé l'émergence de start-up et permis de répondre à certains besoins des entreprises des secteurs miniers, financiers et de télécommunications en particulier."}, {"bbox": [96, 683, 1134, 760], "category": "Text", "text": "Pour répondre aux besoins immenses du marché de la RDC, l'offre de formation existante doit donc être renforcée, mieux organisée, élargie à d'autres compétences sur la base d'une meilleure connaissance des besoins du marché du travail."}, {"bbox": [134, 789, 1134, 839], "category": "Section-header", "text": "## 7. Une gouvernance du sous-secteur de la formation professionnelle qui mérite d'être clarifiée et renforcée"}, {"bbox": [96, 868, 1134, 1054], "category": "Text", "text": "Au niveau institutionnel, l'éducation technique et la formation professionnelle sont administrativement encadrées par près de 9 ministères¹⁰ ayant en charge le sous-secteur. La Commission Interministérielle de l'Enseignement technique et de la formation professionnelle mise en place en 2008 n'a pas réussi à consolider le dialogue entre ces différents intervenants si bien que chaque ministère revendique une compétence qui est parfois contestée par un autre. Le ministère de l'enseignement primaire secondaire et technique s'emploie à travers les écoles techniques sous sa tutelle à organiser le cycle long. Le ministère la formation professionnelle et métiers nouvellement créé en 2016 devrait intervenir pour des cycles courts adressés aux non-actifs à travers des centres de formations agréés."}, {"bbox": [96, 1054, 1134, 1422], "category": "Text", "text": "Le ministère de l'Emploi, le Travail et la Prévoyance sociale (ETPS) avec l'Institut National de Préparation Professionnelle, qui bénéfice d'une expérience de près de soixante ans (création en 1964), a pour mission principale la formation continue des travailleurs. Dans la pratique, ce Ministère, qui a longtemps comblé les lacunes du secteur, gère également en partie la formation des plus jeunes ou des personnes sans emploi, ce qui rend la compréhension de son mandat parfois difficile. Le ministère des Affaires sociales propose un apprentissage professionnel et artistique à l'attention des jeunes n'ayant pu bénéficier de la scolarité de base et des enfants en situation d'handicap. Et le ministère de la Jeunesse accueille des jeunes dans ses propres centres de formation professionnelle, soutient la mise en place d'incubateurs, et supervise les activités des associations socioculturelles... La gouvernance du sous-secteur souffre d'un manque de coordination, de contrôle ou de régulation sur tout ce qui se passe en termes de formation professionnelle et technique. Il est difficile d'établir une cartographie claire des centres de formation professionnelles, de définir clairement de quel ministère ils relèvent, d'autant plus qu'au niveau des provinces, ils relèvent souvent du même ministère provincial (les missions d'EPST et de FP étant généralement combinées). L'offre de formation n'est de ce fait pas structurée, ni homogène, et non lisible."}, {"bbox": [85, 1500, 1144, 1623], "category": "Footnote", "text": "¹⁰ Ministère de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Technique ; Ministère de l'Emploi, Travail et Prévoyance Sociale ; Ministère de la Formation Professionnelle, Arts et Métiers ; Ministère de la Santé ; Ministère des Affaires Sociales ; Ministère de l'Enseignement Supérieur et Universitaire ; Ministère de la Jeunesse et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté ; Ministère de la Défense Nationale ; Ministère des transports et voies de communication (cf. Étude « Situation de l'enseignement technique et de la formation professionnelle (ETFP) et problématique de l'emploi des jeunes », UNESCO, Kinshasa, 2022, p.38)"}, {"bbox": [604, 1654, 629, 1676], "category": "Page-footer", "text": "10"}]