[{"bbox": [96, 153, 1134, 522], "category": "Text", "text": "Au Bénin, les violences basées sur le genre sont majeures et contribuent à limiter la participation et le leadership des femmes. Les violences subsistent sous de multiples formes, qu'elles soient physiques, sexuelles ou psychologiques, autant au sein de la famille que de la collectivité. Selon l'Enquête Démographique et de Santé au Bénin (EDSB-V), en 2017, 42% des femmes en union ou en rupture d'union avaient subi des violences conjugales (émotionnelles, physiques ou sexuelles) de la part de leur mari/partenaire et 32% avaient subi des violences conjugales au cours des 12 derniers mois précédant l'enquête¹¹. Le taux de sous-emploi est particulièrement élevé chez les femmes (85,1% contre 62,2% chez les hommes) et elles sont également plus touchées par le chômage (2,8% contre 2,4% pour les hommes)¹². Les femmes sont surtout présentes dans les secteurs de l'informel, notamment dans le commerce ou dans l'industrie. Les femmes détenant des actifs financiers, comme un compte bancaire, ou encore un téléphone portable pour des transactions financières, sont également minoritaires. Seulement 36,3% des femmes en union participent à la prise de trois décisions essentielles (les soins de santé de la femme, les achats importants pour le ménage et les visites à la famille ou parents de la femme) avec une prédominance en milieu urbain (41%) par rapport au milieu rural (33%) et 27% ne sont impliquées dans aucune de ces décisions¹³."}, {"bbox": [96, 536, 1134, 650], "category": "Text", "text": "Enfin, la minorité de femmes leaders ayant trouvé les ressources et la force d'occuper des rôles à responsabilités au Bénin, est, quant à elle, toujours confrontée à un manque de formation, à des formes de violences, notamment de harcèlement, ainsi qu'à une mise à l'écart, voire à un affaiblissement de la part de leur entourage professionnel. Le manque de sororité et de connexion entre ces femmes contribue à freiner leur potentiel d'évolution."}, {"bbox": [96, 663, 1134, 1349], "category": "Text", "text": "2) **Problématiques spécifiques aux stéréotypes, aux discriminations de genre, aux normes et pratiques socio-culturelles néfastes.** La structure sociale au sein de la société béninoise s'articule majoritairement autour d'un modèle patriarcal, imprégné d'une vision stéréotypée des rôles respectifs des femmes et des hommes. Malgré les importantes contributions des femmes aux activités socio-économiques et aux revenus familiaux, la figure masculine demeure souvent le chef de famille, chargé de subvenir aux besoins essentiels du ménage. Par ailleurs, les femmes leaders sont relativement peu reconnues et valorisées alors qu'elles sont nombreuses au Bénin, qu'il s'agisse des figures féminines traditionnelles ou des femmes leaders d'aujourd'hui. Face à ce manque de modèles inspirants, les femmes et les filles n'osent pas s'imaginer en leader assumant de hautes responsabilités et se restreignent ainsi aux rôles de reproduction que leur impose la société. La persistance de pratiques culturelles dégradantes envers les femmes semble découler de la normalisation des violences perpétrées à leur encontre dans la société. Entre 2011 et 2018, 32% des femmes et 16% des hommes déclaraient qu'il était justifié qu'un homme batte sa femme/partenaire¹⁴. Ces normes et stéréotypes sont également à l'origine des obstacles à l'autonomisation effective des femmes, comme la nécessité d'obtenir l'approbation des hommes (père et/ou époux) pour des décisions importantes concernant leur propre vie ceci en dépit du Code des Personnes et de la Famille. Les enfants et les jeunes, en particulier les filles, se trouvent être les individus les plus vulnérables au sein de cette organisation familiale où leurs opinions et voix sont souvent ignorées. Les inégalités entre les hommes et les femmes se voient également renforcées par les religions tant endogènes qu'exogènes via l'interprétation des textes religieux et l'imposition de restrictions et obligations à l'endroit des femmes. Ces normes socio-culturelles et les discriminations qui en découlent se répercutent ainsi dans toutes les sphères de la société et sont véhiculées par les différentes institutions à tous les niveaux, qu'elles soient religieuses, traditionnelles, publiques ou encore politiques. Enfin, les médias et la culture jouent également un rôle important dans la perpétuation des stéréotypes de genre et donc dans la normalisation des inégalités et des discriminations de genre. Les représentations médiatiques des femmes et des hommes influencent les attitudes et les comportements sociaux, contribuant ainsi à maintenir les structures patriarcales en place."}, {"bbox": [96, 1362, 1134, 1448], "category": "Text", "text": "3) **Problématiques relatives aux acteurs institutionnels, politiques et civils** limitant la participation politique et citoyenne des femmes. Les femmes au Bénin font face à d'importantes barrières limitant leur pleine participation à la vie politique et citoyenne du pays. La résistance des hommes, les attitudes discriminatoires et la banalisation"}, {"bbox": [86, 1501, 758, 1526], "category": "Footnote", "text": "¹¹ INSAE, Enquête Démographique et de Santé au Bénin (EDSB-V), 2017-2018"}, {"bbox": [86, 1525, 1143, 1572], "category": "Footnote", "text": "¹² UEMOA, AFRISTAT, Revue régionale sur les conditions de vie des populations, l'emploi et le secteur informel dans les états membres de l'UEMOA, 2021."}, {"bbox": [86, 1572, 233, 1596], "category": "Footnote", "text": "¹³ EDSB-V, 2017"}, {"bbox": [86, 1597, 1143, 1646], "category": "Footnote", "text": "¹⁴ Rapport d'évaluation du Genre au Bénin, Participation des femmes aux opportunités économiques et aux prises de décision, Banque Mondiale, 2021"}, {"bbox": [1030, 1682, 1144, 1706], "category": "Page-footer", "text": "Page 6 sur 24"}]